Le retour des communs – La crise de l’idéologie propriétaire

Cet ouvrage, fondé sur des recherches et des enquêtes qui se sont étendues sur plus de trois années, présente la multiplicité des alternatives que proposent aujourd’hui les communs et l’économie du partage face aux impasses et apories de l’économie financiarisée dans laquelle nous sommes englués.

C’est ainsi que les communs, qui consistent en des formes nouvelles de partage et de distributions des attributs du droit de propriété (sous la forme de droits d’accès, d’usage, de prélèvement ou d’exploitation) entre différentes parties prenantes, connaissent aujourd’hui un formidable regain. Autour d’eux se noue en effet un espoir fort de transformation sociale à partir d’institutions ou d’entreprises proposant des ressources en accès ouvert et partagé.

Des logiciels libres open source aux licences creative commons ou aux plateformes ouvertes permettant l’auto-partage des biens les plus variés en passant par les nouveaux « communs informationnels », les communs se présentent aujourd’hui comme des formes de résistance et des alternatives à l’idéologie propriétaire et à l’exclusivisme qui lui sert de fondement.

 

Ouvrage d’auteurs écrit sous la direction de Benjamin CORIAT

Les Liens qui Libèrent  – 2015 – 300 pages

 

Quelques mots sur l’ouvrage

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Virage européen ou mirage républicain ? Quel avenir voulons-nous ?

 

Pas moins de 15 Ministres et Secrétaires d’Etat se positionnent, dans ce livre,

sur cette question essentielle pour l’avenir de notre pays.

En 2014, l’Europe est notre nouvelle patrie.

Ce témoignage dénonce l’immobilisme d’un système prisonnier du passé, alors même que l’avenir de la France est profondément lié à l’Europe. Notre « école de la République » n’est ni efficace, ni démocratique, ni exemplaire, ni éternelle : la situation actuelle est lourde de menaces pour notre contrat social.

L’auteur a travaillé, en tant que chef d’établissement, dans des milieux sociaux très variés, des pays étrangers, des associations de dimension internationale, ce qui lui permet de faire des comparaisons concrètes sur le terrain, des mérites et des inconvénients. Le récit n’est pas celui d’un spectateur passif, mais celui d’un acteur luttant pour la réforme de ce système, avec un point de vue engagé, qu’elle défend auprès des ministres ou de leurs conseillers, qu’elle a presque tous rencontrés.

Ce livre relate les multiples occasions de corrections de cap, qui se sont offertes aux politiques, de François Bayrou, en 1993, à Vincent Peillon, en 2014, en passant par Ségolène Royal, Xavier Darcos, Luc Chatel… et ont été sciemment négligées. Les réformes ont donc été systématiquement amputées, vidées de leur sens, suite à des concessions faites par des Ministres et/ou des Présidents peu courageux. Ce livre montre la sclérose de certains pans entiers du système, notamment le rôle des syndicats et leur pouvoir de blocage de toute réforme, l’enfermement des parents d’élèves dans des stéréotypes, le rôle timoré des médias et leur souci « politique » à courte vue.

Mais ce constat négatif n’a de sens que s’il permet d’ouvrir les esprits, avec enthousiasme et optimisme, vers des réformes positives et réalisables, dès maintenant. Le plan de sauvetage est minutieusement décrit dans le troisième chapitre, le plus important du livre. Il décrit les responsabilités qui incombent à chacun d’entre nous, en se référant aux pratiques en cours dans les autres pays européens. Il fait notamment le lien entre le monde de l’éducation et celui de l’entreprise : implication, leadership, évaluation, culture du résultat, formation continue, innovation portée par les nouvelles technologies. Les deux univers ont beaucoup en commun et doivent se rapprocher.

En 2014, nous n’avons plus le choix. Nous ne pouvons rester prisonniers du « mirage républicain ». En choisissant le « virage européen », les Français assureront l’avenir de leurs enfants et de leur pays.

 

 Nelly GUET

BBook – 2015 – 140 pages

 

Quel gâchis ou quel sursaut pour notre système éducatif ?

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Le Modèle californien / Comment l’esprit collaboratif change le monde

La Californie, où sont nés Internet et les technologies qui ont bouleversé notre monde, est au cœur de l’économie mondiale. Elle est aussi le lieu où s’inventent un nouveau modèle de société et un autre imaginaire politique.

Fondée sur la collaboration et le partage, valorisant l’innovation, l’entrepreneuriat et l’association, cette société nouvelle offre au reste de la planète l’image d’un avenir possible.

Monique Dagnaud invite dans ce livre à examiner de plus près ce défi lancé par la Californie, et à mesurer aussi ce que cet esprit collaboratif peut apporter de neuf à notre pays.

Une analyse du phénomène californien, jamais encore menée en France.

 

Monique Dagnaud

Odile Jacob – 2016 – 204 pages

 

Remarques préliminaires

 

Dans cette mise en perspective du modèle californien, l’auteur développe un aspect du phénomène qui ne vient pas d’emblée à l’esprit. Il s’agit du rôle des facteurs culturels et en particulier de la contre-culture  des années 1960 dans la genèse de ce modèle. Il montre comment on est passé des hippies aux geeks, des échanges de Woodstock au partage de l’économie collaborative. Il convient aussi de remarquer que Bob Dylan, l’un des chantres de cette contre-culture, a obtenu cette année 2016 le prix Nobel de littérature.

Pour tenter de cerner l’ampleur de l’e-économie aux Etats-Unis, il faudrait aussi étudier le modèle de Boston et de sa Route 128 qui est passé devant la Silicon Valley dans le classement des meilleurs sites d’innovation technologique du fait notamment de l’augmentation excessive du coût de la vie aux alentours de la Silicon Valley. Au contraire Boston possède des atouts inégalés sur le plan universitaire dont Harvard et le MIT, des hôpitaux de classe mondiale, sans oublier la qualité de son habitat et des liens entre ses habitants.

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Economie des clusters

Lorsque l’on évoque le terme de cluster (grappe industrielle ou pôle de compétitivité), c’est le fabuleux destin de la Silicon Valley qui vient à l’esprit. Cette dernière est devenue un lieu de pèlerinage pour des délégations d’entrepreneurs et de décideurs publics, les premiers cherchant à y percer les secrets de la créativité, les seconds espérant y découvrir les formes d’incitations publiques pour retrouver le chemin de la croissance.

Mais connaît-on vraiment la mécanique complexe des clusters ? Quels outils possèdent la science économique et d’autres disciplines connexes pour analyser leurs performances ? Le rendement de la dépense publique en faveur des clusters est-il à la hauteur ?

 

Jérôme VICENTE

La Découverte – 2016 – 125 pages

 

Quelques éléments chronologiques de la théorie des clusters :

 

=          1890. Alfred Marshall, professeur d’économie au King’s College of Cambridge décrivait les avantages de la concentration des entreprises dans un lieu où « Les gens exerçant la même profession trouvent de grands avantages à être voisins. Les secrets de leur métier ne restent pas mystérieux mais sont là, comme flottant dans l’atmosphère. Si un homme a une idée nouvelle elle est reprise par les autres et combinée avec celles qu’ils ont eux-mêmes, donnant ainsi naissance à d’autres innovations. »

Pendant près d’un siècle, les idées de Marshall ont été oubliées et l’attention a été portée vers les grandes entreprises, facteur de croissance et de compétitivité.

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La désinformation, les armes du faux

Info, intox ? Complot, rumeur ? La désinformation serait partout, et la vérité nulle part. Ces questions obsèdent nos sociétés où il semble qu’en ligne tous puissent s’exprimer et que rien ne doive rester caché. Pourtant la désinformation a une histoire. Elle s’exprime pendant la guerre froide et accompagne la mondialisation, avant que le Web et les réseaux sociaux ne lui ouvrent de nouveaux horizons.

En explorant les mécanismes de ce qui nous abuse et que nous refusons parfois de croire, des systèmes de pouvoir apparaissent et de nouvelles formes d’idéologie se manifestent. Quand la vérité des faits devient l’objet central de nos luttes, la désinformation est plus qu’une question morale : elle est un enjeu stratégique.

 

François-Bernard HuYghe

La désinformation, les armes du faux.
Armand Colin – 2016 – 190 pages

L’ouvrage de François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l’IRIS cherche à déconstruire l’idée de désinformation en la situant dans son contexte d’apparition (la guerre froide), ses méthodes ou procédés, et ses usages, qu’ils soient profanes ou (géo)-politiques. La difficulté et l’ambition tiennent précisément dans ce pari de définir l’objet, vu du côté des stratèges de la guerre d’influence. Mais aujourd’hui la désinformation semble être partout. Au point de se voir assimiler selon les cas, au mensonge politique, à une présentation biaisée de la « réalité », des « évènements », voire une manipulation médiatique. Et ce, avant même que les réseaux sociaux et L’Internet n’amplifient le phénomène et la confusion entre ce qui est encore « crédible » au vu de la crédibilité même des sources et des émetteurs qui cherchent à « faire croire que… », par l’usage de preuves, qui peuvent s’avérer fausses à l’analyse ou après-coups. Ce qui incite les médias à mettre des contrefeux de « fact-checking » (cf Les Décodeurs du Monde ou la rubrique Désintox de Libération). La défiance généralisée vis-à-vis des médias comme des politiques n’aide pas à clarifier la situation, ni à faire émerger la « vérité ».

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Capitalisme : Histoire d’une révolution permanente

Quand et où le capitalisme est-il né ? Est-il le fruit de circonstances favorables ou a-t-il émergé grâce à la volonté des hommes ? Relève-t-il de la marche inéluctable vers un progrès inévitable ? Est-il forcément lié à l’Occident et à la démocratie ou peut-il s’épanouir ailleurs et sous d’autres formes ?

De l’Angleterre du 17e siècle à la Chine du 21e siècle, l’auteur retrace l’histoire de ce modèle devenu le fondement de nos société modernes, source de changements et de renouvellements permanents, parfois restreints et prévisibles, parfois profonds et incontrôlés.

Elle s’attache à démontrer que le capitalisme est avant tout un phénomène culturel quand les économistes, avec leurs modèles mathématiques, l’entourent de l’aura mystique d’un mécanisme autonome. Il nous serait donc possible de modeler ce formidable système de production de richesse pour qu’il soit au service des hommes et non au service de l’argent.

 

Joyce APPLEBY

Piranha – 2016 – 525 pages

 

            Ouvrage majeur !

Dès la page24, le ton est donné, l’auteur appuyant les découvertes de Max Weber. Selon ce dernier le capitalisme moderne fut un sous-produit de La Réforme. Cette morale de l’effort allait se nicher dans tous les recoins de la société ordinaire, un utilisant le scalpel de la rationalité pour exciser les appendices de la religion papiste. Ce qui transforma les habitudes, c’est la moralité et la rationalité que les puritains introduisirent dans le monde du travail, conférant au travail une valeur religieuse que les aristocrates lui avaient refusée.

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Pour une autre globalisation

 

La globalisation est appréhendée ici comme le moment économique, politique, et idéologique- d’une séquence géopolitique des rapports sociaux.

            L’auteur critique d’abord les ruptures que la globalisation actuelle introduit dans ces rapports. Les unes sont liées à une domination des rentes et de la valeur de l’argent, alors que d’autres sont davantage inscrites dans une histoire des impérialismes ou des colonisations. Leur rencontre est d’autant plus inédite qu’elle porte les prémisses d’une « désoccidentalisation » du monde.

            L’auteur brosse ensuite les perspectives d’une autre globalisation contre les politiques identitaires, ou celles qui prônent une compétitivité entre économies nationales. Il propose au contraire d’engager des chantiers transnationaux de coopération au service du développement durable et du bien commun, en privilégiant de vastes territoires comme l’espace méditerranéen.

 

Roland GUILLON

L’Harmattan – 2015 – 245 pages

 

Pour parler de la globalisation, l’auteur se penche particulièrement sur trois types d’activités; les syndicales, les politique et les artistiques. Prenant de la distance avec l’approche pour laquelle la globalisation déboucherait sur une homogénéisation sociale à l’échelle mondiale, il prône une étude multidimensionnelle car la globalisation n’élimine pas les formes anciennes des rapports sociaux.

Le processus de globalisation initié par les pouvoirs économiques et politiques entraine une diffusion des modes de production et de consommation occidentaux mais favorise aussi l’expression de communautés non occidentales. Il est nécessaire de situer les règles et les rôles de ces trois activités et d’interroger leur valeur économique autant que morale et même symbolique pour l’activité artistique.

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La Russie / Entre peurs et défis

 

La Russie fait peur. Un président américain n’hésita pas à parler de l’URSS comme d’un « empire du mal », et la crise ukrainienne a remis cette notion au goût du jour à propos, cette fois, de la Russie. On parle du « pouvoir de nuisance » du Pays alors que d’autres évoquent une « impuissance génétique » des Russes à la démocratie. La Russie de l’ère Poutine ne cesse d’inspirer la méfiance, et jamais son image n’a été aussi négative.

Or, dans le même temps, c’est la Russie elle-même qui a peur.

Vingt-cinq ans après la fin de l’URSS, le Pays, ses élites, sa société civile sont traversés par toute une série de hantises. Les ébranlements successifs traversés dans les années 1980-1990 ont remis en cause bien des certitudes acquises. Et, partagé entre des aspirations réformatrices et la crainte d’une société libérale, le Pays semble tenté par le repli dans un nouvel isolement.

 

Jean RADVANYI & Marlène LARUELLE

Armand Colin – 2016 – 240 pages

 

Fort justement, le livre s’ouvre P.6 sur un poème très connu des… poètes… et des amis de la Russie.

            « On ne peut pas comprendre la Russie par la raison,

            On ne peut pas la mesurer,

            Elle a un caractère particulier,

            En la Russie, on ne peut que croire. »                     Fiodor Tiouttchev

 

Un Russe sur cinq meurt des suites de sa consommation d’alcool, à quoi s’ajoute le statut peu enviable pour la Russie de leader mondial de la consommation d’héroïne (une place que le Pays partage avec l’Iran). Avec environ 70 tonnes consommées par an, soit près du quart de la consommation mondiale, la Russie compte, selon le service fédéral de lutte contre les drogues, plus de 8 millions de citoyens consommateurs de drogue.

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Le nouvel ordre électoral

 

Le tripartisme bouscule le jeu politique français, la gauche et la droite étant désormais talonnés par un Front National à 28 %. On prédisait un effondrement de la gauche, mais – première surprise – elle a fait jeu égal avec la droite au premier tour des élections départementales de 2015, puis l’a doublée aux élections régionales de la même année. Deuxième surprise : au second tour, le tripartisme provoque des duels d’une nature inédite. Grâce à une méthode statistique et cartographique nouvelle, Hervé Le Bras passe au crible les résultats électoraux des communes, des cantons et des régions. La formation de « fronts républicains » peut-elle perdurer dans ce nouveau contexte ? Quel est l’impact de la division de la gauche sur cette recomposition ? Quelle est la porosité entre la droite et l’extrême-droite ? Répondre à toutes ces questions, c’est comprendre les bouleversements politiques français depuis vingt ans. C’est aussi définir les termes de la prochaine élection présidentielle et des législatives qui l’accompagneront.

 

 

Hervé LE BRAS

Seuil – 2016 – 140 pages

 

            Quel livre décevant !

La quatrième de couverture du livre annonce une méthode statistique et cartographique nouvelle ; où-est-elle ?

Se référer aux cantons de la Troisième République, est-ce novateur ou révélateur d’une paresse d’analyse ? Les enquêtes (Cevipof et autres) montrent que pour 85 % des électeurs français, le canton n’a aucune signification concrète… même en milieu rural où il pourrait avoir « subsisté » dans les esprits… mais pas dans les faits.

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La spirale du déclassement

Notre civilisation de classe moyenne est à la croisée des chemins. Alors qu’elle définissait le projet des démocraties modernes, elle fait face à des défis majeurs. La recristallisation en masse des inégalités, la mobilité descendante, l’écrasement du pouvoir d’achat des salaires relativement aux prix des biens immobiliers, la paupérisation de cohortes entières de jeunes surdiplômés et la globalisation porteuse d’une montée aux extrêmes de la concurrence forment ensemble une spirale de déclassement aux effets potentiellement dévastateurs.

Les inégalités de classes et la fracture des générations se renforcent mutuellement : à raison de la dynamique de repatrimonialisation, les écarts au sein des nouvelles générations sont appelés à se radicaliser. Ce sont autant de phénomènes dissimulés sous le voile du déni, qui risquent de réduire à néant l’ambition de laisser à nos enfants un monde meilleur…

 

Louis CHAUVEL

 

Seuil – 2016 – 210 pages

 

Une fois n’est pas coutume, plutôt que de présenter une NDL personnelle, je propose deux présentations de l’ouvrage parues dans : A/ Le Télégramme du 08 Octobre 2016 – B/ Ouest-France du 14 Décembre 2016.

Néanmoins, j’ai exploré ce que pouvait bien signifier « classe moyenne ». Il en existe trois définitions :

  • Selon les fonctions professionnelles : technicien, management intermédiaire, contremaîtres, artisans, indépendants ; soit environ 30 % de la population active en France.
  • Un salaire compris entre 80 % et 120 % du revenu médian : 55 à 58 % des Français en feraient partie.
  • Le sentiment personnel des intéressés : 68 à 70 % des Français se considèrent comme faisant partie des classes moyennes.

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