Le climat va-t-il changer le capitalisme ?

 

Le climat se réchauffe, personne ne le conteste, le moment de l’action est venu. Non, cette Planète n’est pas condamnée, il faut seulement prendre conscience que l’économie aborde un nouveau et gigantesque défi.

La réponse des économistes au changement climatique s’articule autour du « prix du carbone » : les émetteurs de carbone devraient payer pour leurs émissions. C’est du bon sens, mais c’est une révolution. De Jean Tirole à Michel Rocard, les auteurs rassemblés dans cet ouvrage mettent ainsi en lumière des choix économique fondamentaux qui nous sont proposés, les aléas des processus des décisions politiques, la tension entre coopération internationale et intérêts de chaque Pays.

Le capitalisme peut-il réellement changer ? Le 20e siècle a déjà connu une « grande transformation » par laquelle le capitalisme sauvage et le prolétariat caractéristiques du 19e siècle ont cédé la place à un capitalisme mixte et aux classes moyennes. Aujourd’hui, après la crise financière, tout est à reprendre et la lutte contre le réchauffement climatique ouvre une nouvelle ère : la transition vers l’économie bas-carbone sera la grande mutation du 21e siècle.

 

 

Jacques MISTRAL (Dir.)

Le climat va-t-il changer le capitalisme ?

Eyrolles – 2015 – 270 pages

 

Quelques stupéfactions relevées dans les premières pages :

 

¤         Non, le film d’Al Gore ne démontre pas le « réchauffement climatique » mais est un plaidoyer mystique. Il contient dix erreurs factuelles grossières (Jugement de la Cour de Londres).

¤         Pour limiter à + 2°c la température moyenne du Globe il faut réduire de 50 à 70% les émissions mondiales de GES d’ici à 2050. Faux, quoi qu’on fasse, ça n’aura aucun impact sur les évolutions climatiques en cours.

¤         « Sauver la Planète ». Et oui, nous y avons droit . Celle-ci va très bien, merci pour elle ! Quel orgueil ! Quelle prétention !

¤         Vers une économie moins intense en carbone. Comment, ça on ne nous le dit pas. Et pour cause, tout physicien sait que c’est impossible du fait de la tétravalence du carbone. Ou alors, il faut écrire courageusement que notre niveau de vie et de recherche va diminuer spectaculairement.

 

Chapitre ouvert p.35 « Economie politique du réchauffement climatique », par Jean Tirole, prix d’économie de la Rijsbank (et non pas Prix Nobel). Rien de nouveau.

 

Chapitre ouvert p.51 « Négociation climatique et prix du carbone ». Il nous est répété combien l’accord de Copenhague fut dupeur pour les Pays du Sud ; les transferts financiers Nord => Sud furent approuvés (plusieurs G$)… le temps de la conférence. Il est relevé de plus qu’un mauvais accord en COP21 pourra conduire à plus d’émissions de GES…

 

Chapitre ouvert p.67 « Les entreprises prennent-elles en compte le prix du carbone dans leurs décisions ? » Brouillé, instable, peu crédible à long terme, le signal prix émis aujourd’hui par le marché européen des quotas carbone n’a au total qu’une influence relativement faible. Et les auteurs de préciser que dans les années qui viennent, les entreprises conserveront encore des pratiques diverses et l’influence du prix du quota carbone dégagé par le marché européen restera limitée.

 

Chapitre ouvert p.97 « Ressources naturelles et croissance verte : au-delà des illusions ». Sans doute le texte le plus lucide de l’ouvrage collectif, signé Pierre-Noël Giraud. Où l’on apprend que le mantra du « double dividende » (amélioration environnementale et créations d’emplois) relève plus de l’incantation que des réalités tangibles à expérimenter. L’auteur l’écrit bien : il faut s’attaquer au fléau du chômage, évolutions climatiques ou pas.

 

Chapitre ouvert p.109 « Le dérèglement climatique : quelles implications macroéconomiques ? » Le dérèglement climatique (NB = par rapport à quelle référence physique ?) est-il susceptible de peser sur la croissance économique ? Peut-il au contraire, par une politique avisée (laquelle ?), être l’occasion de faire repartir l’économie mondiale, d’enclencher les mécanismes d’une « croissance verte » ? Une lecture attentive de la littérature académique ne suggère ni l’un ni l’autre. Les économistes estiment en effet, de façon pour une fois largement convergente, que le dérèglement climatique a peu de chances d’influer significativement la croissance dans les décennies prochaines. [F. Gonand]

 

Chapitre ouvert p.151 « Ambition politique et lucidité économique : pourquoi est-il si difficile d’agir pour le climat ? » La question physicienne, mais les auteurs ne possèdent pas cette connaissance, aurait dû être « Pourquoi agir ? ». Les travaux et exemples sont nombreux qui montrent la double difficulté du calcul et du passage à l’acte face au réchauffement climatique. Il est local et global. Il ne peut être traité que par acteurs locaux et dans la durée, ce qui pose de redoutables problèmes de coordination.

Chapitre ouvert p.181 « Le leadership américain à l’épreuve du climat » ; et le Chapitre ouvert p. 199 « La Chine : plus une menace pour le climat ? », complètent le tour d’horizon des différents auteurs. Sans oublier la postface de Michel Rocard sur l’Arctique où les clichés habituels sont véhiculés sans discernement ; qu’allait-il faire dans cette galère ?

 

Comment ne pas rester perplexe après avoir refermé le livre ? Il contient des données physiques peu nombreuses sur lesquelles aurait dû s’appuyer les propos des auteurs, sans parler des affirmations du genre que ce sont les Pays situés de part et d’autre de l’Equateur qui vont être les plus impactés… alors que c’est la zone de la Planète où, par nature, les conditions thermiques sont les plus stables. De plus nous lisons P.97 que les incertitudes sont multiples et les controverses sur l’aspect anthropique du changement non résolues, l’ampleur des dégâts possibles, leur réversibilité, les coûts des mesures d’atténuation ou d’adaptation…etc…Enfin, p.12 « La complexité du problème climatique est telle que l’on ne peut dissimuler ni le caractère approximatif des modélisations, ni l’ampleur des incertitudes qui affectent le paramétrage et par conséquents leurs résultats. »

 

Renvois :

 

¤ COP21 : impasse garantie ! FW n°56.

 

¤ Amy DAHAN DALMEDICO, Les modèles du futur (Climat et économie) – FW N°26.

¤ Bruno TERTRAIS, L’apocalypse n’est pas pour demain – FW N°41.

¤ François GERVAIS, L’innocence du carbone – FW N°49.

¤ Katia et Guy LAVAL, Incertitudes sur le climat – FW N°49.

¤ Edwin ZACCAI, Controverses climatiques, sciences et politiques – FW N°49.

¤ Michel FOUCHER, L’Arctique, nouvelle frontière – FW N°55.

 

 

PhS

 

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