Cogito 2 / COMPTE – RENDU pour Futurouest Recherches du colloque organisé le vendredi 5 juin 2015 à BREST – UBO

COLLOQUE ORGANISE LE VENDREDI 05 JUIN 2015 à BREST – UBO

 

Pour le 15e anniversaire du Master MIDTE

 

La métropolisation : une opportunité pour le développement des territoires ?

 

Prises de notes :

=               Christian DEMEURE-VALLEE

=               Liam FAUCHARD

=               Pierre QUINQUIS

 

 

OUVERTURE

Pascal OLIVARD, Président UBO – François CUILLANDRE, Maire de Brest, Président de Brest Métropole – Jean BONCOEUR, Doyen de la Faculté de Droit.

 

                  FC tient un discours politique. Il trouve satisfaisante la réforme territoriale de 2014. Il justifie les écarts de DGF de 1 à 3 entre les pauvres et les riches (bonjour la République égalitaire !). Il semble n’avoir jamais entendu parler du « small is beautiful » ni du « bottom-up ». De même, il entretient la confusion entre « Métropole », organisation politico-administrative définie par la Loi française, et « Métropolisation ou Urbanisation » qui est un phénomène géographique et socio-économique de long terme, les « fonctions métropolitaines » pouvant exister dans des lieux peu denses.

 

Rudiger AHREND, Chef du programme Economique et Gouvernance Régionale de l’OCDE.

 

                  « Métropolisation et performance économique »

 

Publications de l’OCDE :

=               The Metropolitan Century

=               La gouvernance des villes

 

Concentration de populations humaines dans les villes, jusqu’à 85% en 2100.

Pour se développer économiquement et être riche, il faut qu’un Pays soit urbanisé à au moins 40% de la population totale ; néanmoins le conférencier convient qu’il y a des Pays qui ont passé ce cap et qui sont restés pauvres… L’urbanisation doit donc être « réussie ».

 

La ville est-elle bonne pour les résidents ?

Oui, productivité supérieure. PIB / Hab. + élevé… etc… [Les effets iatrogènes ne sont pas abordés ni mesurés]. Le RDB / Hab. n’est pas présenté.

 

Question de la gouvernance.

Attention à la fragmentation des pouvoirs (élus) de décision, car faible engagement pour l’intérêt général => affaissement de la productivité.

 

Michel GROSSETTI, Directeur de recherche au CNRS – Toulouse

 

                  « Métropolisation, masse critique, attractivité : les fausses recettes miracles du développement économique local »

 

Aborde le sujet sous l’angle socio-économique.

Il explique qu’il y a des croyances partagées (qui ne sont pas forcément toutes fausses) sur le couple ville – développement économique. Ça semble aller de soi.

 

Il convient que le PIB / Hab. reste (trop) souvent utilisé, faute mieux. Il n’utilise pas non plus le RDB – seul représentatif des revenus réels des ménages.

Les artefacts comptables, masses critiques, densification… sont toujours utilisés.

On a l’impression qu’on nous présente des tautologies.

 

Attractivité des villes :

Comment attirer des « start-up » ?

Les créateurs créent leurs entreprises… là où ils habitent ; puis, ultérieurement, ils feront le choix de localisation finale en fonction des paramètres de l’environnement (social, culturel, économique, institutionnel…).

UE/USA : la théorie des « classes créatives » qui seraient fascinées par la ville – et la rendrait plus dynamique par leur présence – a été mise à mal depuis plusieurs années par des études et constats se recoupant.

Définir les fonctions métropolitaines supérieures donne des résultats surprenants ; ainsi, Crozon apparaît spontanément sur la carte de France. Pourquoi ? => L’Ile Longue.

 

 

Laurent TERRAL, Chercheur à l’Institut Français des Sciences et Technologies des Transports de l’Aménagement et des Réseaux (IFSTTAR)

 

                  « Métropolisation : les multiples directions de la croissance des territoires français »

 

Vu de l’extérieur, le développement territorial français apparaît plus homogène qu’en UK ou en Italie ; mais d’autres inégalités sont observées en France depuis une vingtaine d’années. Voir les travaux de Davezies, Giully, Le Bras & Todd.

Le développement territorial français depuis 25 ans :

352 aires urbaines / 322 aires rurales. Différentiels de croissance = Explications :

=               Facteurs géographiques : urbain // rural – centre // périphérie.

=               Entraînement métropolitain très contrasté (+ / -).

=               Fortes influences des aménités naturelles.

=               Accessibilité : facteur faible.

=               Part des diplômé(e)s.

=               Taille des territoires.

=               Tissu socio-économique de départ.

  • Diversification des tissus socio-économique et mobilités accrues sont déterminantes.

 

Pour être efficace, une politique locale de développement doit intégrer tous les facteurs, préalablement constatés ci-dessus et savoir les marier à sa manière… locale. Le tissu industriel – sens strict – est déterminant.

 

Roger MORIN, Ancien directeur de l’Institut National des Etudes Territoriales (INET), ex-DGS de Brest Métropole.

 

                  « Métropolisation… périurbanisation : quelle gouvernance pour les territoires urbains d’aujourd’hui ? »

 

Face aux errements des « réformes » (souvent des « a priori » non documentés), il faut revenir à la question de fond : pour quoi faire ? Quel est le fil rouge ?

 

Polarisation et dispersion.

La Communauté Urbaine de Brest n’a gagné aucun habitant en 30 ans (…et commence à en perdre) ; à rebours des projections antérieures, les ménages se sont installés… ailleurs.

 

La dispersion se fait de manière socialement très marquée : centre / première périphérie / deuxième périphérie. La deuxième périphérie accueille deux types de ménages : ceux qui s’y installent faute de moyens pour aller ailleurs ET ceux qui font ce choix « de retrait » vie leurs revenus confortables (aménités naturelles privilégiées).

Polarisation et dispersion impliquent des politiques publiques de péréquation. Pour RM, le coupe Région puissante conjuguée à l’UE serait le meilleur garant, ainsi qu’une vraie gouvernance (le cas de l’aire urbaine de Rennes avec 20 entités induit une faible collaboration).

 

Trois défis :

=               Occupation de l’espace.

=               Emplois et mobilités.

=               Fiscalité (qui est restée communale).

 

Trois approches :

=               Laisser faire / laisser aller.

=               L’inter-territorialité.

=               Le gouvernement urbain à la bonne échelle. « La commune du 21e siècle ».

                  Organisation de l’aire urbaine via des coopérations entre EPCI, mais quid de l’élection de l’absence de suffrage universel ?

 

RM donne deux références. Les travaux de Martin VANIER et www.metropolitiques.eu

 

¤ Martin VANIER, Le pouvoir des territoires – Economica 2008 – FuturWest N°28.

 

LF = Comment expliquer que Bruxelles, selon les témoignages de vie, soit une belle ville, agréable à vivre, bien organisée, bien équipée… alors qu’il n’y avait pas de POS jusqu’en 2000 ?

 

                                                                                        LES ATELIERS

 

1/            La métropolisation et la régionalisation

 

Bertrand UGUEN, DGS Brest Métropole.

Gwenaël BODO, Direction Stratégie et Rayonnement métropolitain de Rennes.

Gilles POUPARD, Directeur d’études AUDELOR (Lorient), co-animateur du Club des économistes de la FNAU [Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme].

 

La métropolisation et le territoire régional : une approche institutionnelle – Intervenants DGS Brest Métropole Océane, Gwenael Bodo Directeur de la prospective et de la stratégie à Rennes Métropole

Il y a deux manières d’envisager la métropolisation. L’une renvoie à la question de l’insertion dans l’économie mondiale et aux enjeux de compétitivité internationale, l’autre à des questions d’aménagement du territoire. L’approche brestoise est précisément de s’inscrire dans cette logique de compétition mais avec les valeurs de l’aménagement du territoire. L’enjeu est de se battre pour tirer l’Europe vers l’ouest.

Concrètement, cela implique de construire une métropole « ouverte et solidaire » qui profite de son statut pour attirer des richesses sur son territoire afin de les faire partager aux territoires environnants. C’est déjà le cas avec les équipements métropolitains du style CHU ou Quartz (scène nationale) qui ne profitent pas seulement aux brestois mais également aux populations voisines. L’un des enjeux de la métropolisation est de faire venir des équipements et infrastructures sur Brest dans une logique d’équilibre du territoire breton.

L’une des craintes que suscite l’idée de « métropolisation » est celle de l’assèchement des territoires. Brest fait en sorte de coopérer avec les villes voisines (Morlaix, Quimper, Lannion) qui nourrissent quelques inquiétudes. Elle tente donc de de les intégrer à l’élaboration de son projet métropolitain. Il en résulte aussi des coopérations horizontales entre EPCI, en particulier sur des sujets qui ne relèvent pas des compétences régionales, pour des réponses communes à des appels à projet (ex. : French Tech) ou encore sur des questions en lien avec la rénovation énergétique des bâtiments (bailleurs sociaux). A l’échelle rennaise, les coopérations se développent depuis 7 ou 8 ans avec St Malo et Nantes. Elles concernent 4 axes principaux : l’enseignement supérieur et la recherche, le tourisme, la culture et les mobilités.

 

Les logiques « d’appel à projet » à l’initiative de l’Etat sont de plus en plus fréquentes. Elles mettent les territoires en concurrence et induisent souvent une notion de « taille critique » qui, à l’échelle bretonne, obligent à la coopération entre villes et métropoles soit en interne, soit avec les régions voisines.

BMO s’est également engagée dans une expérience pilote lancée par l’ex. DATAR qui consiste à créer des contrats de réciprocité entre le rural et l’urbain. Un partenariat vient d’être amorcé avec le Pays COB afin de voir dans quelle mesure l’ingénierie de BMO peut être sollicitée pour aider à résoudre certaines des problématiques centre-bretonnes.

Au niveau institutionnel, les 2 métropoles souhaitent et affichent des relations apaisées avec la Région Bretagne (à l’inverse d’autres territoires). Elles affirment vouloir inscrire leur vision métropolitaine dans la construction des divers schémas régionaux selon une logique de subsidiarité et souhaitent développer des coopérations à géométrie variable au service d’un « modèle polycentrique à renforcer ».

 

La vision d’une ville non métropolitaine – M. Gilles Poupard, directeur des Etudes à l’AUDELOR

 

Le concept de « Métropole » est à relativiser. Il renvoie souvent à une confusion entre 2 dimensions : celle du statut institutionnel (est-ce que l’EPCI possède ou non un statut de métropole ?) et celle de la géographie économique et de la concentration de l’emploi, des richesses, de l’innovation etc. sur certains territoires.

 

Aujourd’hui, les 14 villes françaises reconnues comme « Métropoles » représentent 40% des emplois du Pays, c’est important mais cela reste très relatif en termes de localisation des richesses et du potentiel de développement. Le danger serait de créer une sorte de prophétie auto-réalisatrice en donnant trop de crédit à des discours (Davezies) qui tendent à considérer que certains territoires ont le monopole du développement économique. Il existe donc un risque que l’Etat concentre les moyens sur ces 14 territoires et encourage une vision caricaturale et simplificatrice du territoire français. Une autre erreur serait de croire à la théorie du « ruissellement » qui consiste à dire que les territoires « pauvres » vont se trouver entraînés au fur et à mesure que les métropoles se développeront…

 

Il est donc important d’affirmer que la Bretagne n’est ni bipolaire, ni mono-polaire et que sa plus grande richesse réside dans l’équilibre de son tissu urbain marqué par la présence d’une ville importante tous les 70/80 km. Il convient aussi de se méfier du discours sur la nécessité des métropoles comme outils de connexion avec l’extérieur. La réalité des activités économiques bretonnes marquées par l’influence des IAA et de la pêche fait aussi que de nombreuses activités et territoires se trouvent plus impliqués à l’international que bien des institués (et contestables) « cadres des fonctions métropolitaines ». A titre d’exemple, la carte des dépôts de brevet est plus équilibrée que celle des fonctions métropolitaines en question.

 

2/            La métropolisation et la gouvernance des territoires

 

François RIVOAL, Directeur d’études Economie et Prospective à l’ADEUPa (Brest).

Patrick TANGUY, Pôle Développement et Stratégie Economique à l’AgAM (Marseille), co-animateur du Club des économistes de la FNAU.

Ronan MARCEL, DG Adjoint à Quimper-Communauté.

Roger MORIN (déjà cité).

 

A/             Synthèse présentée par les rapporteurs :

 

  • Quimper est un voisin inquiet de la métropole de Brest et voit le risque d’assèchement de Quimper tant pour les emplois industriels que pour les emplois administratifs.
  • Le territoire de Brest Métropole est relativement petit par rapport à la zone « fonctionnelle ». La métropole fait peur. Les conflits sont latents entre la ville centre et les communes périphériques.
  • A Marseille il y a un refus de la majorité des élus de la dynamique métropolitaine. Les instances économiques et la société civile sont plutôt pour. Le travail reste encore à faire. Nécessité de présenter l’intérêt des métropoles auprès des populations.

 

B/             Cette synthèse rend compte de façon très incomplète des travaux de l’atelier.

Il a été beaucoup question des relations plus ou moins difficiles entre métropole et les autres composantes, communes et communautés de communes ; départements et régions ; acteurs économiques (Chambres consulaires, Technopole…).

Les métropoles semblent davantage occupées à traiter des problèmes matériels tels que le ramassage des ordures ménagères ou des déplacements domicile-travail plutôt que d’avoir des actions pour l’image et l’attractivité du territoire.

Pour quoi pas le concept de « Bretagne Métropole » ?

 

 

3/            La métropolisation et les territoires ruraux

 

Daniel CUEFF, Conseiller régional, Maire de Langouet, Vice-Président du Pays de Rennes, Président de la Communauté de Communes du Val d’Ille.

Yvon LECOUSSE, Maire de Plougonven et Vice-Président de Morlaix Communauté.

Michel GOURTAY, Vice-Président de Brest Métropole, chargé de l’économie, Conseiller municipal de la Ville de Brest.

Joël LEJEUNE, Maire de Trédrez Locquémeau et Président de Lannion-Trégor Communauté.

 

Le risque de rupture socio-économique du territoire breton (B5, évidemment, pour les intervenants) est manifeste : 1,5 MHab. A l’Ouest et 3 MHab à l’Est. Le tripode Brest – Nantes – Rennes est déséquilibré.

JL / Lannion Agglomération verses 4 M€ de subvention à l’aéroport chaque année, mais ça ne peut plus durer…

Dans un projet « French Tech », il y a une alliance de coopération Lannion – Brest – Quimper qui a été conclue (une sorte d’arc technologique).

 

Pour DC, la Loi de 2010 renforcée par celle de 2013 fait que la métropolisation est programmée pour concentrer les richesses. Deux malfaisants : L. Davezies et J. Attali qui affirment que les villes concentreront les ménages qualifiés via des activités économiques spécialisées et haut de gamme, tandis que les campagnes auront vocation à alimenter (nourriture) et divertir les ménages urbains.

 

YLC / Pougonven = 3400 Hab.

Si nous voulons nous développer, les ententes, alliances, réseaux qui sont de niveaux divers et dans des cadres territoriaux restreints ou larges, sont incontournables. L’existence d’une métropole à la pointe de Bretagne se situe dans le contexte européen ; de ce point de vue, Pougonven s’attache à être reconnue en Europe via l’Agglomération de Morlaix… et la métropole de Brest.

Les territoires ruraux n’ont pas à gémir, il faut être offensif, pro-actif.

 

DC / Il produit une excellente analyse du couvercle parisien qui empêche ou stérilise des développements « à la bretonne », car le couvercle préfectoral est décalé par rapport aux évolutions en cours. Et de rappeler que dans une marmite, l’ébullition commence par le fond…

 

 

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       BIBLIOGRAPHIE

 

CARDEBAT Jean-Marie, Territoire vert (Entreprises, Institutions, Innovations) – L’Harmattan 2012. CLOCHARD Fabrice, Automobilités et Altermobilités – L’Harmattan 2008.

CROZET Mathieu, La nouvelle économie géographique – La Découverte 2009.

DAVEZIES Laurent, La circulation invisible des richesses – Seuil 2008.

DAVEZIES Laurent, La crise qui vient (fractures territoriales) – Seuil 2012.

GARCON François, Le modèle Suisse – Perrin 2008.

HULBERT François, Millefeuille territorial et décentralisation – L’Harmattan 2014.

HUSSON Jean-Pierre, Envies de campagnes (territoires ruraux français) – Ellipses 2008.

KOEBEL Michel, Le pouvoir local ou la démocratie improbable – Le Croquant 2006.

LAURENT Loeiz, Petits Départements et grandes Régions – L’Harmattan 2011.

LE BRAS Hervé, Les 4 mystères de la population française – O. Jacob 2007.

TRILLE Stéphanie, La coopération territoriale en Europe – L’Harmattan 2013.

VANIER Martin, Le pouvoir des territoires – Economica 2008.

VIARD Jean, Eloge de la mobilité (Espace, travail, tourisme) – L’Aube 2006.

 

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