Demain la lune

Dans quasiment toutes les civilisations humaines, notre satellite naturel a été mis en évidence de par son étrangeté et de par ses formes lumineuses récurrentes, sans omettre son cycle avec celui des femmes. En politique, « promettre la Lune » est devenue une formule assassine stigmatisant des promesses qui ne seront pas tenues. Alors, pourquoi les grandes puissances du Globe s’intéressent-elles, de nouveau, à la Lune ?

 

Après l’épopée du programme Apollo (1961-1975) qui permit aux Américains d’y débarquer en Juillet 1969 dans le cadre de la course générée par la « guerre froide » et après y avoir crapahuté durant six missions qui s’achevèrent en 1972, l’intérêt pour le monde sélène s’est amoindri, voire complètement arrêté. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et au moins quatre grandes puissances spatiales (Chine, Europe, Inde, USA) ont des ambitions diverses.

Dans le cas des USA, le nouveau programme lunaire est indissociable du programme martien.

La mission Mars Direct pourrait envoyer un équipage de six personnes vers la planète rouge directement avec la capsule Orion ; c’est une des deux options. Une autre solution est de plus en plus soutenue par les ingénieurs et astronautes américains : s’élancer vers Mars à partir d’une base lunaire. Les arguments présentés notamment par Charlie Duke [Apollo 16] sont : retourner sur la Lune, donc maîtriser de nouveau la capacité d’un lanceur lourd ; établir une base de vie, à la manière de ce qui se fait dans l’Antarctique par exemple de manière à apprendre à vivre longuement isolé dans un environnement hostile ; accumuler des connaissances ad hoc… et s’élancer vers Mars, en exploitant l’Hélium3 lunaire comme solution énergétique.

 

De son côté, la Chine poursuit sans répit son ambitieux programme spatial : construction de sa propre station spatiale en orbite terrestre ; mission robotiques vers d’autres planètes du système solaire ; colonisation de la Lune… Ce dernier point fait l’objet d’une planification rigoureuse avec des échéances annoncées ; c’est ainsi qu’après avoir déjà réussi des missions robotiques (lander et rover), il y aura le retour d’échantillons de sol sélène, puis l’envoi de taïkonautes, puis l’installation d’une base permanente. Les Chinois ont en tête – ils l’ont exprimé bien avant les propos de C. Duke – non seulement l’utilisation in situ de l’Hélium3 mais de l’exploiter industriellement et de s’en approvisionner pour la vie terrestre. Pour mémoire, 40g de cet isotope contient toute l’énergie dont a besoin un Terrien d’un Pays développé pour toute sa vie (Habitat, chauffage, voyage, travail, loisirs…etc…).

 

Voilà pour les deux poids-lourds. Du côté de l’Inde, les choses sont plus incertaines. Mais la réussite de la sonde Mangalyaan mise en orbite autour de Mars à l’Automne 2014 a fait de ce Pays la quatrième puissance spatiale capable de cet exploit. Quant à l’ESA – European Space Agency -, elle se présente plutôt comme un partenaire apporteurs de solutions (Ariane6 pour 2020), comme elle l’a déjà fait pour l’ISS et d’autres missions remarquables (Cassini-Huygens, Rosetta-Philae…). Une chose est sûre, la Lune n’a pas fini de faire rêver.

 

Liam FAUCHARD / FutureScan / Février 2015

 

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